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Ambassadeur : La coopération avec l'Azerbaïdjan est très importante pour la France - INTERVIEW

Ambassadeur : La coopération avec l'Azerbaïdjan est très importante pour la France - INTERVIEW
Entretien de l'APA avec l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d'Azerbaïdjan en République française Rahman Mustafayev.

- Monsieur l'Ambassadeur, comment évaluez-vous le niveau actuel des relations franco-azerbaïdjanaises ?

 

- Notre entretien intervient immédiatement après les élections présidentielles en Azerbaïdjan. Je voudrais donc saisir cette occasion pour féliciter l'ensemble du peuple azerbaïdjanais pour ses résultats. Notre peuple a une fois de plus fait preuve de sagesse en votant pour la sécurité, la stabilité, le développement et la prospérité de son pays.

 

En réponse à votre question, je voudrais souligner que la France est l'un des principaux partenaires de l'Azerbaïdjan sur la scène internationale en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, membre de l'OTAN, grand État européen et ayant des liens historiques profonds entre nos pays. Il suffit de rappeler qu'ici notre première République, dont nous célébrons le centenaire cette année, a reçu sa reconnaissance internationale. Son idéologie du modernisme était basée sur les idées françaises de libéralisme, de démocratie, d'égalité et de droits de l'homme. Alimardan bey Topchubashov, premier président du Parlement de la République Démocratique d'Azerbaïdjan (RDA), ainsi que certains membres de sa délégation diplomatique et du gouvernement RDA, sont enterrés dans les cimetières parisiens.

 

Paris officiel attache également une grande importance aux relations avec notre pays. Le caractère indépendant multi-vecteur de la politique étrangère de l'Azerbaïdjan, ses relations équilibrées avec les principaux acteurs mondiaux, son rôle stabilisateur global dans la région sont hautement appréciés.

 

Au cours des 25 dernières années, depuis l'établissement des relations diplomatiques, nous avons atteint avec ce pays un très haut niveau de coopération, qui s'étend aujourd'hui littéralement des profondeurs de la mer Caspienne aux hauteurs cosmiques. Aujourd'hui, nos priorités sont le développement du dialogue politique et de la coopération sur les questions les plus urgentes sur l'agenda international et régional. La mise en œuvre de nouveaux projets économiques et d'investissement, l’intensification de la coopération culturelle et éducative, le renforcement des liens horizontaux entre les villes et les régions, l’élargissement des contacts entre les jeunes et la société civile des deux pays sont parmi nos priorités.

 

Je voudrais noter une direction plus prometteuse de notre coopération possible sur la scène internationale. L'Azerbaïdjan participe activement à l'assistance aux pays en développement d'Asie et d'Afrique en vue de leur développement social et économique durable. Nous contribuons à la formation du personnel dans les domaines de l'économie, de la santé, du gouvernement et d'autres domaines. Dans ces régions, l'influence de la France a été forte et nous pouvons réfléchir à d'éventuels projets économiques conjoints dans ces pays.

 

- Quel est le rôle de la France dans l'intégration de l'Azerbaïdjan en Europe ?

 

- Le rôle de la France dans l'intégration de l'Azerbaïdjan en Europe est important. Le nouvel accord entre l'UE et l'Azerbaïdjan, qui est en cours de préparation, est un élément important de la stratégie d'équilibre de la politique étrangère du pays, qui se trouve dans des conditions géopolitiques difficiles. Dans le même temps, pour nous, c'est la base pour renforcer davantage les réformes dans les domaines politique, social et économique, en améliorant la qualité et les niveaux de vie au niveau européen. Et nous attendons de la France, l'un de nos principaux partenaires politiques et commerciaux dans l'UE, pour qu'elle soutienne activement notre intégration européenne.

 

Il convient de noter que l'intégration européenne de Bakou est importante non seulement pour notre pays, mais aussi pour l'Europe, y compris la France. L'Azerbaïdjan est un pays musulman laïc, un pont actif de dialogue et de coopération entre l'Europe et l'Asie, l'Europe et le monde de l'Islam. C'est un facteur de la stabilité et de la sécurité pour toute la région, englouti par le feu du fanatisme religieux et de l'extrémisme. C'est aussi un facteur du développement, car Bakou initie et met en œuvre des projets qui relient aujourd'hui les continents et créent des milliers d'emplois dans les pays d'Asie, du Caucase et d'Europe. Nous espérons que ce rôle de notre pays sera soutenu par les pays européens, en particulier la France.

 

- L'Azerbaïdjan est l'un des principaux partenaires économiques et commerciaux de la France. Quelle est la coopération économique entre les deux pays ?

 

- Dans la sphère économique, nos pays sont reliés par un large éventail de partenariats et de projets. Je voudrais mentionner que l'Azerbaïdjan est le premier partenaire commercial de la France dans la région, plus de 800 entreprises françaises ont exporté leurs produits vers l'Azerbaïdjan en 2014-2016, plus de 20 entreprises ont ouvert leurs bureaux en Azerbaïdjan. Aujourd'hui, les projets de grandes entreprises françaises telles que « Total », « Alstom », « Suez », « Thales » et d'autres sont en cours de discussion. Malheureusement, les relations économiques se sont affaiblies ces dernières années. Le chiffre d'affaires du commerce a reculé de 1,6 milliard de dollars en 2014 à 492 millions en 2017 (nos exportations - 338 millions, les importations - 154 millions). La France ne figure plus parmi les 10 premiers partenaires commerciaux de l'Azerbaïdjan, se classant 12ème position, sa part sur notre marché ne dépasse aujourd'hui pas les 2%.

 

En ce qui concerne les investissements, les entreprises françaises ont investi dans notre économie 2,2 milliards de dollars, dont 2 milliards dans le secteur pétrolier et gazier. Nos investissements en France s'élèvent à 165 millions de dollars, mais ces chiffres reflètent également du passé. Tous ces chiffres ne correspondent ni aux capacités des entreprises françaises ni aux besoins de l'économie azerbaïdjanaise.

 

Aujourd'hui, le secteur non pétrolier, de l'agro-industrie, de la communication, du tourisme et des services se développe activement dans notre pays. Les entreprises françaises ont de l'expérience et du savoir dans ces secteurs de l'économie. Ces entreprises pourraient utiliser ces possibilités, en particulier, les capacités logistiques de l'Azerbaïdjan, qui joue le rôle d'un pont entre le Nord et le Sud, l'Europe et l'Asie. Le nouveau corridor ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars ouvre de grandes perspectives pour les pays européens, y compris la France, pour le développement des relations commerciales avec l'Asie centrale et la Chine. Dans le même temps, les entreprises françaises peuvent utiliser les opportunités de la zone franche de Bakou. Le secteur financier est également un domaine de coopération très prometteur. L'Azerbaïdjan a déjà investi plus de 2,4 milliards de dollars sur le marché financier français, qui représente 7% de ses investissements financiers étrangers, et pourrait relever cette barre plus haut si les conditions sont créées pour cela. Ce n'est pas un secret que nos partenaires britanniques et allemands offrent aujourd'hui des conditions plus favorables et des garanties dans la capitale financière. Autrement dit, nous devons tous tenir compte des nouvelles tendances de l'économie mondiale. Nos entreprises devraient être plus actives sur le marché français, participer activement aux salons organisés en France, rechercher des zones de commerce et d'investissement. C'est le seul moyen de surmonter la tendance négative à la réduction des échanges et des investissements qui s'est manifestée dans nos relations.

 

- Il est considéré que la diaspora azerbaïdjanaise en France est faible. Qu'en pensez-vous ?

 

- Vous avez raison. Il y a beaucoup de travail à faire dans ce sens. Il est maintenant très important d'unir les groupes disparates de la communauté azerbaïdjanaise en France, à la fois dans la capitale et dans les régions. Ce travail a déjà commencé, et je suis sûr qu'il portera bientôt ses fruits. De plus, la France est un pays d'associations qui jouent un rôle majeur à la fois dans la vie politique, économique et sociale. Plus d'un million d'associations opèrent dans le pays. Nos compatriotes devraient participer plus activement à ce processus, créer leurs associations  thématiques, régionales, et à travers eux participer plus activement à tous les aspects de la vie publique en France. L'organisation des écoles pour l'étude de la langue azerbaïdjanaise dans les zones où les membres de la communauté vivent est également très importante. En France, de nombreux azerbaïdjanais patriotes qui ont réussi occuper une place prépondérante dans ce pays dans les domaines de la science, de la culture et des affaires sont prêts à contribuer au renforcement des positions de l'Azerbaïdjan en France.

 

- André Reichardt, ancien président du groupe interparlementaire d'amitié France-Caucase au Sénat français, lors de sa précédente visite à Bakou, a proposé la tenue d'une réunion des parlementaires azerbaïdjanais et arméniens. Avez-vous de nouvelles informations sur cette initiative ?

 

- L’ancien président du groupe interparlementaire d'amitié France-Caucase au Sénat français André Reichardt a joué un grand rôle dans le renforcement des relations entre les deux pays, ainsi qu’entre le Sénat et le Milli Medjlis. Maintenant, il continue à travailler comme un membre ordinaire de ce groupe. Il a proposé cette initiative, mais elle ne s'est pas développée. Si les dirigeants actuels du Sénat français ou de l'Assemblée nationale française sont intéressés à poursuivre le travail dans cette direction, nous allons certainement réagir et exprimer notre position.

 

- Le coprésident français du Groupe de Minsk de l'OSCE Stéphane Visconti a déclaré que la France est prête à organiser une rencontre des présidents azerbaïdjanais et arménien sur son territoire. Une telle réunion est-elle à l'ordre du jour ?

 

- Nous n’avons reçu aucunes déclarations et propositions officielles du côté français sur cette question, donc il n'y a rien à commenter.

 

- Le président français Emmanuel Macron se rendra en Arménie en octobre 2018. Le président français devrait-il se rendre en Azerbaïdjan ? Des visites mutuelles de haut niveau sont-elles prévues entre les deux pays ?

 

- Avec nos collègues français, nous travaillons à préparer des visites de haut niveau à Bakou et à Paris. Ce sont des questions délicates, il faut prendre en compte les horaires de travail des chefs d'État. Je note seulement qu'à Paris on comprend le rôle clé de l'Azerbaïdjan dans la région du Caucase et attachons une grande importance au renforcement du dialogue politique et de la coopération avec Bakou, on est intéressé à développer la coopération économique, culturelle et éducative avec notre pays. En outre, le nouveau président de la France est le leader d'une nouvelle génération. Il s'efforce de renforcer les réformes, l'économie, la position de son pays sur la scène internationale, y compris dans le monde musulman. À cet égard, la coopération avec l'Azerbaïdjan - un pays musulman laïc qui joue le rôle de pont entre l'Occident et l'Orient - est très importante pour la France.

 

- Quels sont les problèmes dans les relations bilatérales entre les deux pays ?

 

- Contrairement des dispositions des accords signés entre nos deux pays, ainsi que des obligations internationales de la France, la « représentation » de l'organisation séparatiste illégale opère à Paris depuis 1998. Cette « représentation » est clairement engagée dans des activités anti-azerbaïdjanaises dans ce pays et représente un régime illégal créé dans les territoires occupés de notre pays. La France a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne reconnaît pas ce régime, alors la question se pose : pourquoi ferme-t-elle les yeux sur les activités de ce soi-disant régime. Une autre question sérieuse est celle des visites régulières des dirigeants de ce régime séparatiste en France. Aucun pays de l'Union européenne, à l'exception de la France, ne se permet de recevoir dans son parlement des séparatistes qui font de la propagande anti-azerbaïdjanaise. En outre, de juin 2013 à avril 2018, 11 villes et régions de France, majoritairement habitées par la communauté arménienne, ont signé des traités d'amitié et de coopération avec les villes des territoires occupés de l'Azerbaïdjan. Ceci est absolument inacceptable. Ces soi-disant documents contredisent la position officielle de la France, ainsi que sa législation. De plus, il n'est pas clair pourquoi cette pratique illégale continue.

 

Notre position a été maintes fois signalée aux autorités françaises et nous attendons qu'elles prennent des mesures décisives pour éliminer ces problèmes. En tant que membre du Conseil de sécurité de l'ONU, coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE, la France doit respecter ses engagements internationaux et les dispositions des accords de base signés avec l'Azerbaïdjan. À cet égard, je voudrais vous rappeler que le respect du principe de l'inviolabilité des frontières est l'une des dispositions les plus importantes du traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle signé à Paris le 20 décembre 1993 entre nos pays.

 

- On sait qu'il y a plus de forces pro-arméniennes en France. De plus, la France soutient toujours étroitement l'Arménie. Dans ce cas, est-il raisonnable que la France, en tant que coprésidente du Groupe de Minsk de l'OSCE, joue un rôle dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh, conformément à l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan ?

 

- Vous avez raison, en France, en particulier dans les zones où les communautés arméniennes vivent de manière compacte, leur influence sur les autorités exécutives, législatives et judiciaires est forte. Dans le même temps, il y a des cercles qui ont de la sympathie pour notre pays. Ils sont intéressés à coopérer avec nous. Il est donc important de dialoguer avec le premier et de coopérer activement avec ce dernier.

 

Quant au règlement du conflit arméno-azerbaïdjanais, nous attendons les initiatives de la France. Le coprésident français du Groupe de Minsk de l'OSCE Stéphane Viskonti est un diplomate expérimenté, ouvert d'esprit et d'initiative qui connaît bien la région, comprend ses problèmes et les causes du conflit, ainsi que les positions des parties. Par conséquent, nous avons donc le droit d'attendre de lui un rôle actif au sein du Groupe de Minsk de l'OSCE. A cet égard, je voudrais vous rappeler que le mandat des coprésidents du Groupe de Minsk ne repose pas seulement sur les principes de l'OSCE et les décisions de ses réunions, mais aussi sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Une solution juste à ce conflit sur la base du respect des principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des Etats est une condition préalable au développement durable du Caucase du Sud et à une coopération régionale étendue. Cela profitera non seulement aux pays de la région, mais aussi à nos partenaires européens, dont la France.

 

- Les personnes qui sont venues de l`Azerbaïdjan en France se présentent comme des immigrés politiques et tiennent des différentes actions. En général, nous aimerions connaître la situation du problème des immigrés azerbaïdjanais en France.

 

- Il est vrai que certains de nos compatriotes prennent des moyens variés afin d’obtenir l'asile et rester en France temporairement ou définitivement. Ils trompent les autorités des migrations locales, se présentent comme des « prisonniers d'opinion » ou des « journalistes ». Mais c'est ridicule. Il est étonnant, comment la France se trompe facilement. Cependant, ces prisonniers d'opinion sont peu nombreux. La plupart de nos compatriotes vivant et étudiant en France sont fiers d'appartenir à leur patrie. Cela a été démontré une fois de plus lors des élections présidentielles du 11 avril. Malgré le jour non férié en France, nos compatriotes étaient actifs dans le processus de vote et venaient des villes et des régions reculées du pays. Ils ont démontré leur solidarité avec les politiques de notre peuple et de notre Etat. Plus de 90 % des électeurs en France ont voté pour le président actuel. Je tiens à souligner le rôle des organisations « Ulduz » et « Maison d’Azerbaïdjan » dans la conduite réussie des élections en France, ainsi que dans l'unification de la communauté azerbaïdjanaise dans ce pays.

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