Représentant de l'UNICEF : Le problème du mariage précoce est presque résolu en Azerbaïdjan - INTERVIEW
APA Azeri Press Agency

Représentant de l'UNICEF : Le problème du mariage précoce est presque résolu en Azerbaïdjan - INTERVIEW

[ 06 Mars 2018 18:01 ]

L'interview du représentant de l'UNICEF en Azerbaïdjan Edward Carwardine à l'APA.

- Comment évaluez-vous les activités conjointes du Gouvernement azerbaïdjanais et de l'UNICEF ?

 

- Cette année nous célébrerons le 25ème anniversaire du début de l'activité en Azerbaïdjan. Nous sommes ici depuis plus de deux décennies. La coopération avec le Gouvernement azerbaïdjanais pendant cette période a donné de bons résultats dans le domaine de la protection de l'enfance et dans d'autres domaines. Je pense que notre coopération au cours de cette période est devenue plus étroite. Comme je l'ai noté, la coopération est à un niveau élevé, et nous avons l'intention de chercher de nouveaux domaines pour son expansion.

 

- Vous avez noté que cette année vous célébrez le 25e anniversaire du début de l'activité en Azerbaïdjan. Nous aimerions que vous nous donniez un bref aperçu des réalisations que vous avez accomplies au cours des dernières années, notamment dans les domaines de l'éducation, des soins de santé, de la protection de l'enfance, de la protection des femmes, etc.

 

- Ces dernières années, le taux de mortalité infantile a baissé en Azerbaïdjan. C'est aussi très louable. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l'éradication et la réduction de l'incidence de certaines maladies. Par exemple, l'Azerbaïdjan a été exempté de la polymélite. Encore une réussite, je peux signaler l'élimination du paludisme. Je voudrais noter qu'une attention particulière est accordée à la nutrition des enfants. Comme vous le savez, la nutrition est l'un des facteurs qui influent sur la santé des enfants. Des progrès significatifs ont été réalisés dans l'iodation du sel à des fins nutritionnelles.

 

Presque tous les enfants ont la possibilité de recevoir une éducation primaire. De grands progrès ont également été accomplis dans la protection des droits de l'enfant. Cela se reflète dans les rapports soumis par le Gouvernement azerbaïdjanais à l'UNICEF. Nous voyons qu'un bon travail a été fait dans la protection de l'enfance et dans la législation pratique. Nous accordons également une attention particulière à l'éducation préscolaire. Près des deux tiers des enfants âgés de 5 ans ont la possibilité d'étudier, ce qui crée des conditions leur permettant de commencer l'école primaire. Des formations ont été organisées pour environ 4 000 enseignants préscolaires. Tout cela parle encore une fois de réalisations dans divers domaines, y compris l'éducation.

 

Je voudrais mentionner un problème dans le domaine de la justice pour mineurs. Au cours de la dernière année et demie, plus de 3 000 dossiers ont été examinés sur la protection des droits des enfants issus de familles ayant des problèmes de droit, ainsi que sur leur éducation avec le programme d'aide juridique. Une aide juridique a été fournie aux enfants dans le cadre de ces activités.

 

- Vous avez mentionné que l'UNICEF cherche de nouveaux domaines pour élargir la coopération avec l'Azerbaïdjan. Quelles nouvelles directions votre coopération couvre-t-elle ?

 

- Une nouvelle orientation en coopération avec l'Azerbaïdjan est la question de l’identification rapide des déficiences et du retard de développement chez les nouveau-nés. Nous coopérons avec le Gouvernement azerbaïdjanais à cet égard. Au cours de la dernière année, nous avons organisé des formations spéciales pour 300 pédiatres. Je pense que les formations aident les pédiatres à identifier rapidement les déficiences et tout retard de développement chez les nouveau-nés. Bien que ce soit un nouveau domaine, nous avons fait beaucoup au cours de la dernière année.

 

Nous accordons une attention particulière au travail avec les jeunes. La jeunesse en Azerbaïdjan représente environ un tiers de la population. À cet égard, au cours de l'année écoulée, nous aidons les jeunes Azerbaïdjanais dans les districts à prendre leurs propres initiatives et à mener des activités spécifiques grâce à ces initiatives dans le cadre du projet pilote.

 

- L'UNICEF prévoit-il de mettre en œuvre de nouveaux programmes en Azerbaïdjan? Quelles directions ces projets couvriront-ils ? Avec quelles autorités locales allez-vous coopérer pour mettre en œuvre de nouveaux projets ?

 

- Des travaux sont en cours sur les questions du mariage précoce, de l'éducation inclusive. En tant que nouveau domaine, nous accordons une attention particulière à l'amélioration des compétences des jeunes. À cet égard, nous sommes arrivés à la conclusion avec nos partenaires en Azerbaïdjan qu'il est nécessaire d'améliorer la structure du réseau des maisons de jeunes. Les maisons de jeunes opèrent dans certains districts en Azerbaïdjan. Depuis la fin de l'année 2017, l'UNICEF a mis en œuvre un projet pilote à Mingétchevir et dans l'un des arrondissements de Bakou pour intensifier davantage les activités des Maisons de jeunes. Nous voulons que les jeunes profitent de ces maisons pour améliorer leur capacité. Notre objectif est d'aider les jeunes à se préparer à entrer dans le monde réel.

 

- Comment évaluez-vous la situation des mariages précoces en Azerbaïdjan ? Selon vous, quelle est la situation en Azerbaïdjan ? Quels programmes sont mis en œuvre pour aider les victimes de mariages précoces ?

 

- Un projet de loi interdisant les mariages précoces a été adopté depuis longtemps en Azerbaïdjan, et il existe également un instrument juridique pour protéger les enfants contre les mariages précoces. L'incidence des mariages précoces est presque nulle en Azerbaïdjan. L'âge légal du mariage pour les filles a été porté à 18 ans tout comme les garçons et ces succès sont en cours. L'UNICEF coopère avec le Comité d'Etat en charge de la Famille, de la Femme et de l'Enfant et le Médiateur, en accordant une attention particulière à la question de la violation des droits de l'enfant. Forcer les enfants à se marier tôt est une violation de leurs droits. Du point de vue théorique, des progrès sont réalisés dans ce domaine en Azerbaïdjan.

 

Le suivi effectué en collaboration avec les organisations compétentes dans ce domaine montre que nous devons accorder plus d'attention à la question de l'augmentation de l'influence des filles dans la société. Tout le monde devrait savoir que les filles ont suffisamment de connaissances et de compétences pour contribuer au développement futur de la société. Augmenter l'influence des jeunes filles dans la société est une question très importante et nous travaillons dans ce sens. En augmentant les droits des filles, nous essayons de leur permettre de devenir des jeunes femmes indépendantes dans leur vie future. À mon avis, c'est un autre outil qui peut prévenir les mariages précoces. Je pense que les médias peuvent également jouer un rôle particulier dans la promotion des droits des filles.